Publié par : frenchjournalistintheus | Samedi, 13 octobre, 2007

Elections Présidentielles

Je vous donne dans ce post les principes qui régissent l’élection présidentielle américaine. On va essayer de faire court mais rien n’est moins sûr.

Éligibilité

L’article II de la Constitution et les amendements qui s’y rattachent instituent les critères suivants d’éligibilité pour le Président et le Vice-président :

1. être âgé de plus de 35 ans;
2. être citoyen des États-Unis à la naissance;
3. avoir résidé aux États-Unis pendant au moins 14 ans consécutifs;
4. ne pas être candidat à un troisième mandat.

Depuis le passage du XXIIe amendement à la Constitution en 1947 un Président ne peut effectuer que deux mandats. Si le Président a pris ses fonctions suite au décès ou à la démission de son prédécesseur et a exercé plus de deux ans, il ne peut se présenter qu’une fois.

Le candidat doit se déclarer dans chaque État où il veut obtenir les voix des « Grands électeurs » (voir ci-dessous). Dans la pratique, les dernières élections se sont jouées entre les deux candidats des Partis démocrate et républicain, avec parfois l’inclusion d’un troisième candidat indépendant ou appartenant à un tiers parti. Généralement, il existe plus d’une douzaine d’autres candidats qui ne sont déclarés que dans quelques États, voire un seul, et qui n’ont aucune chance, même théorique, d’être élus.

Désignation

Plus d’une demi-douzaine de candidats souhaitent se présenter avec l’étiquette de l’un des deux principaux Partis, républicain ou démocrate.

Ils se déclarent généralement l’année précédant l’élection et entament une campagne de plusieurs mois, ponctuée d’élections primaires, dont l’issue est en général connue en mars. Cette phase se termine par la Convention nationale de leur parti en été, et l’investiture officielle du candidat aux présidentielles.

Meetings, déplacements et publicité sont les trois ingrédients indispensables d’ une campagne réussie. Les candidats doivent alors recueillir auprès des citoyens des fonds et s’assurer des soutiens en prévision de la véritable campagne qui est encore plus onéreuse.

Les élections primaires se déroulent à partir de janvier et, en dehors de leur rôle principal, servent aussi d’indicateur pour classer les candidats.

Les élections primaires

Des élections primaires sont organisées par les deux partis principaux (et les partis indépendants) pour désigner dans chaque État les délégués du parti qui se rendront à la convention nationale

Les élections primaires débutent en janvier de l’année électorale dans l’Iowa et le New Hampshire. Ces deux États, qui sont loin de représenter l’ensemble des États-Unis, se sont arrangés pour être les premiers à lancer le processus essentiellement pour bénéficier de la couverture médiatique qui en découle. Au fur et à mesure que les élections primaires se déroulent, on assiste à l’élimination progressive des candidats qui additionnent le moins de délégués. Cette élimination provient, en grande partie, de la diminution des soutiens financiers : le candidat ne peut plus se permettre de payer ses frais de publicité et de représentation. Pour contrer cet « effet boule de neige », de plus en plus d’États décident de tenir leurs élections primaires le même jour, et ont choisi un mardi du mois de mars que les médias ont depuis baptisé « Super Tuesday ». Les élections de 2004 ont montré que le processus était loin d’être stabilisé puisque certains États continuent d’avancer leurs élections primaires dans l’espoir d’acquérir une plus grande importance aux yeux des médias alors que d’autres se regroupent dans le même but (cette année la Floride organisera ces élections primaires en Janvier 2008 provoquant ainsi une polémique au sein du Parti Démocrate).

Dans la majorité des États, les élections primaires prennent la forme d’un vote qui peut être : ouvert à l’ensemble des électeurs qui le souhaitent, semi-ouvert (vote pour un seul parti) ou fermé, réservé aux membres du parti. Le vote « ouvert » permet, curieusement, à un électeur républicain de voter pour la désignation du candidat démocrate (et inversement).

Dans une minorité d’États, dont l’Iowa, les élections primaires prennent la forme d’un caucus. Il s’agit d’une réunion des membres du parti où les votes se font ouvertement, à main levée par exemple.

La Convention Nationale

L’histoire politique des États-Unis, a abouti à l’existence d’un bipartisme : Parti démocrate (en bleu) et Parti républicain (en rouge). Ces deux partis réunissent des conventions pendant l’été pour désigner leur « ticket » à l’élection présidentielle. Sur ce ticket figurent deux noms : le candidat à la présidence et celui à la vice-présidence des États-Unis.

Les médias totalisent le nombre de délégués acquis à la cause de chaque candidat et celui qui arrive en tête est connu dès la fin du mois de mars. La désignation du candidat par la Convention n’est donc qu’un pur formalisme.

Une fois le vote achevé, le candidat désigné et son partenaire peuvent faire campagne avec l’aide de l’appareil et des fonds de leur parti. La Convention nationale, qui est l’occasion de présenter au grand public la plateforme des candidats, se tient durant l’été ; elle signale l’ouverture de la véritable campagne électorale, celle qui opposera entre septembre et novembre les candidats républicains aux candidats démocrates. L’Eléction présidentielle est programmée le Mardi 4 Novembre 2008.

Des traditions héritées du XVIIIe siècle [modifier]

En application de la Constitution des États-Unis, l’élection présidentielle a lieu le mardi suivant le premier lundi du mois de novembre, tous les quatre ans. En cas de décès ou d’incapacité du président avant ces quatre ans, la Constitution prévoit toute une ligne de succession. Le jour de l’élection est donc fixé d’avance.

Il faut rappeler que :

* les États-Unis sont une fédération dans laquelle les cinquante États autonomes doivent être représentés équitablement.
* Lors de leur fondation en 1783, les États-Unis sont une confédération dans laquelle les premiers États se méfient du pouvoir fédéral, donc ont eu tendance à vouloir limiter les pouvoirs du président des États-Unis.
* aux XVIIIe et XIXe siècle, il faut des jours pour traverser le pays.

Le processus électoral marque ces deux choses :

* le président des États-Unis n’est pas élu au suffrage direct pour que sa légitimité issue de l’élection ne soit pas trop importante par rapport à celle des parlementaires du Congrès fédéral.
* les petits États en termes démographiques sont garantis d’un minimum de représentation.

L’élection du président par le Collège électoral

Le président et le vice-président des États-Unis sont élus par un Collège électoral dont la définition figure dans la Constitution. Ce collège est constitué de Grands électeurs élus au suffrage universel dans chaque état. Chacun des cinquante états et le District fédéral de Columbia, ajouté depuis 1961, élit un nombre de Grands électeurs égal au nombre de ses Représentants et Sénateurs soit un total de 538 à répartir entre les principaus partis (100 au titre du Sénat, 435 au titre de la Chambre des représentants, 3 pour le District fédéral de Columbia). L’État le plus peuplé, la Californie, dispose donc de 55 votes, alors que les huit États les moins peuplés n’en ont que 3 chacun.

En principe, les votes populaires devraient être exprimés en faveur d’un Grand électeur, dans la pratique les bulletins de vote sont rédigés sous la forme « Grand électeur en faveur de tel ticket » ou mentionnent simplement le nom des candidats. De plus dans tous les états sauf deux, le Maine et le Nebraska, le système électoral donne toutes les voix (« winner takes all ») de l’État au candidat arrivé le premier. C’est ce qui explique la disparité entre les résultats populaires, qui, dans les dernières élections, étaient voisins entre Républicains et Démocrates, et les résultats des Grands électeurs qui donnent une majorité souvent écrasante à l’un des candidats. À titre d’exemple on peut citer l’élection présidentielle de 1972 où le candidat républicain Richard Nixon a été élu avec plus de 95% des voix des Grands électeurs alors qu’il n’avait emporté que 60% des voix populaires. En dehors du fait que, théoriquement au moins, un candidat pourrait être élu avec moins de 30% du vote populaire, la critique la plus courante de ce système est qu’il favorise le bipartisme ; récemment les candidats d’un troisième parti n’ont reçu aucun vote de Grand électeur alors que leur score populaire a pu avoisiner 20%.

Si le vote des grands électeurs ne permet pas de départager les candidats (égalité parfaite en voix), c’est la Chambre des représentants qui élit le président, et le Sénat qui désigne le vice-président. Cette procédure ne fut utilisée qu’en 1800 pour l’élection de Thomas Jefferson.

Au XXe siècle, le télégraphe, la radio et la télévision permettent de savoir le soir même qui a remporté l’élection. Cette possibilité de dire le nom du président avant la réunion des grands électeurs est possible grâce à la traditionnelle loyauté des grands électeurs : entre 1788 et 2000, sur les 17 000 grands électeurs successifs, 156 seulement n’avaient pas respecté le mandat confié par les électeurs de leur État et avaient voté pour un autre candidat (faithless electors), ce qui n’est pas interdit par la Constitution. Certains États tentent de décourager ce type de comportement allant jusqu’à faire payer une amende à ces électeurs (en Caroline du Nord, par exemple, cette amende s’élève à 10 000 dollars). Cependant, de telles lois obligeant les électeurs à être loyaux seraient considérées comme anticonstitutionnelles.

Voilà pour les explications. Pour tout ajout ou commentaire, c’est juste en dessous.
(Src: Wikipedia, US Embassy, New-York Times)


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